Le salon

Édition 2025

Édition 2025

47ème édition du Livre sur la Place - Du 12 au 14 septembre 2025 - Place de la Carrière

47ème édition du Livre sur la Place - Du 12 au 14 septembre 2025 - Place de la Carrière

Guillaume Gallienne, président

Guillaume Gallienne est le président de l’édition 2025 du Livre sur la Place. Et cela nous oblige ! Son talent, son élégance, son humour, sa mélancolie et sa vivacité nous donnent un élan incroyable. Acteur, dramaturge, metteur en scène, réalisateur et sociétaire de la Comédie- Française, il a été récompensé par un Molière en 2010 et par cinq Césars en 2014 pour son film Les Garçons et Guillaume, à table ! Il a aussi, pendant dix ans, lu chaque samedi de grands textes de la littérature sur France Inter. Il vient de publier son premier roman, un récit personnel, libre et engagé, dans lequel il plonge dans l’histoire familiale et ses fantômes : cette lignée géorgienne incroyable qui a façonné l’homme et le comédien qu’il est devenu. Le passeur Guillaume Gallienne est donc aussi écrivain. Et si la littérature l’a construit, si ses lectures ont nourri ses rêves et certainement autorisé ses plus grands désirs, en passant de l’autre côté, il lui rend bien ce qu’elle lui a donné. Lecteur, passeur, écrivain, Guillaume Gallienne est un homme itinérant dans le monde de la littérature. Et ça, « ça peut pas faire de mal ! »

Guillaume Gallienne, Le buveur de brume (Stock)


Vendredi 12 septembre • 18h15
Opéra national de Nancy-Lorraine
Grande Rencontre


Samedi 13 septembre • 15h
Opéra national de Nancy-Lorraine
De la colère au rire
Lecture par Guillaume Gallienne d’extraits de textes de Victor Hugo, Marcel Proust, Marguerite Duras, Gabriel García Márquez, ainsi que des extraits de son récit Le buveur de brume.

À chaque rentrée, Nancy se fait écrin des mots, miroir des âmes, lieu d’éclosion des idées. La ville s’anime du bruissement des pages, du murmure des voix qui racontent, interrogent, éveillent. Le Livre sur la Place n’est pas un simple salon : c’est un souffle, une respiration collective, un rendez-vous avec ce que la littérature a de plus vivant, de plus troublant, de plus nécessaire.

Cette année, ce souffle prend les inflexions nuancées de Guillaume Gallienne, artiste aux mille visages. Sous sa présidence, cette 47e édition promet d’être traversée par l’élan de la sincérité et la puissance du regard intérieur.

Ici, les livres sont des passeurs. Ils relient ce que l’on tait à ce que l’on cherche. Ils font naître des ponts entre les marges et le centre, entre le singulier et l’universel. Ils nous parlent de l’identité, de l’exil, de l’enfance, du désir, du souvenir. De tout ce qui nous façonne et nous libère.

Car lire, c’est s’arracher à l’indifférence. C’est s’offrir le luxe d’un pas de côté, l’audace d’un regard neuf. Lire, c’est résister aux évidences, embrasser la nuance, faire de l’imaginaire une force de lucidité.

Aux côtés de Guillaume Gallienne, Anne Sinclair, Kamel Daoud et Mathias Malzieu accompagneront les grands prix littéraires du salon. Trois sensibilités libres et singulières, pour saluer l’intelligence du monde, la beauté du langage, l’aventure de l’esprit.

Et comme chaque année, au-delà du chapiteau de la Place de la Carrière, le Grand Nancy tout entier deviendra territoire de lecture. Les livres investiront les médiathèques, les hôpitaux, les quartiers. Ils franchiront les seuils, iront au-devant, s’adresseront à toutes et à tous.

Que cette édition soit à l’image de la littérature qu’elle célèbre : ardente, hospitalière, indisciplinée. Qu’elle ouvre les portes et trouble les certitudes. Qu’elle invite à la rencontre, à la joie, à la pensée.

Bonne traversée.

Mathieu Klein
Maire de Nancy
Président de la Métropole du Grand Nancy

Bertrand Masson
Adjoint délégué à la culture, au patrimoine, 
aux métiers d'art et aux grands événements

Cette année, Fabio Viscogliosi et Les Cambrioleurs m’ont aidé à traverser la nuit, tout comme Écouter les sirènes de Fabrice Melquiot. En tombant par hasard sur la Physiologie du goût de Brillat-Savarin, mes papilles ont salivé. Mes narines ont frémi à l’odeur de la pluie sur l’asphalte en relisant Lettre à mon juge de Georges Simenon. L’Italie n’est plus la même depuis que j’ai lu La Longue route de sable de Pier Paolo Pasolini et Le Soleil des Scorta de Laurent Gaudé. Je crois que je comprends mieux les femmes grâce à Leïla Slimani et Chimamanda Ngozi Adichie. Les défauts des autres m’attendrissent plus qu’avant depuis que j’ai eu la chance de jouer Molière et Tchekhov. Daniel Mendelsohn et ses Trois anneaux m’ont donné envie de tout lire… la liste est interminable ! Philip Roth peut me faire hurler de rire, Victor Hugo me fait pleurer, Joseph Kessel me fascine, Richard Malka m’oblige, Alicia Gallienne me bouleverse et mon enfance n’aurait certainement pas les mêmes saveurs si je n'avais pas lu À la recherche du temps perdu de Marcel Proust.

À l’heure du virtuel et du pixel, de l’algorithme et de l’artificiel, de l’outrance et des écrans, le livre est le meilleur refuge contre la paresse et la frustration, le manque de recul et la course effrénée de nos vies. Il est un outil, que dis-je, une arme pour la liberté, celle de prendre son temps, de réfléchir, de se confronter à des idées antiques ou nouvelles, d’être en désaccord, en colère, d’accepter l’inconfort, d’accueillir l’inconnu, de plonger dans l’imprévisible. En ces temps où on interdit des mots, où des ouvrages sont condamnés et retirés des bibliothèques parce qu’ils témoignent, parce qu’ils révèlent, parce qu’ils assument nos différences et nos ressemblances surtout, parce qu’ils recèlent de richesses qui ne génèrent pas de profit, parce qu’ils font de nous des sachants, des penseurs, parce qu’ils dévoilent en nous l’empathie, qu’ils nous rendent plus humains, plus intelligents, Le Livre sur la Place est non seulement le premier rendez-vous littéraire de la rentrée, il est un acte de résistance. C’est un lieu de rencontres avec des auteurs et leurs univers multiples, un théâtre rempli de conteurs, de passeurs d’histoires, d’époques et de styles. C’est une scène où foisonnent les mots et la poésie. Entrez, ici on est libre de lire !

Guillaume Gallienne
Président de la 47e édition du Livre sur la Place

Alors il sera question des jolies choses. Nous vous parlerons de la beauté des lucioles dans la montagne toscane, de l’odeur du café les matins d’été, du goût des figues sucrées, d’une terrasse réchauffée par le soleil, des plongeons des enfants, des étoiles la nuit et du temps qui semble ralentir. Nous vous raconterons des désirs mais aussi des vengeances. Nous vous dirons comment la nature console et l’amour trouve une seconde chance. Des enfances heureuses, des histoires de transmissions et des langues apprivoisées. Mais il y aura aussi, derrière la beauté, les peines, les guerres et les corps abîmés, les cicatrices qui ne s’effacent pas et les manques à jamais. Intenses, les textes que vous découvrirez cette année ne vous laisseront pas indifférents. Ils trouveront, j’en suis sûre, une résonance à vos vies. N’est-ce pas la force des mots ?

À l’heure où nous bouclons ce programme, les nouvelles du Monde ne sont pas bonnes. Des guerres, qui ne savent plus finir, tuent et nous divisent. Des hommes et des femmes sont enfermés pour leurs idées et leurs écrits. Mais face au trop-plein du Monde, il y a les mots et leur puissance. Depuis la publication clandestine du poème de Paul Eluard en 1942 et sa circulation de mains en mains, le simple fait d’écrire ou de dire le mot Liberté est devenu un acte de résistance et d’espérance. Quatrevingts ans après sa publication aux Éditions de Minuit, ce poème symbolise encore la résistance à toute forme d’oppression et tout projet de domination d’un groupe sur un autre. C’est l’une des forces des écrivains, disais-je : résister, par les mots, à l’oubli et à la tyrannie. Et nous faire sentir vivants.

Et par le pouvoir d’un mot / Je recommence ma vie / Je suis né pour te connaître / Pour te nommer / Liberté.

Alors plus que jamais : Liberté, J’écris ton nom.

Sarah Polacci
Commissaire générale du Livre sur la Place